LE CONSEIL DES ÉTATS DÉMANTÈLE LE CONTRAT INTERGÉNÉRATIONNEL

Le Conseil des États souhaite financer la 13e rente AVS par une hausse des cotisations salariales et une augmentation illimitée de la TVA. Pour les Jeunes Libéraux-Radicaux et les Jeunes Vert’libéraux, une chose est claire : ce financement sape le contrat intergénérationnel.

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Maillard et Ettlin : les fossoyeurs du contrat intergénérationnel Des membres des Jeunes Libéraux-Radicaux et des Jeunes Vert’libéraux mettent en scène, sur la Kleine Schanze à Berne, le démantèlement symbolique du contrat intergénérationnel : déguisés avec des masques du conseiller aux États du Centre Erich Ettlin et du conseiller aux États socialiste Pierre-Yves Maillard, soit les architectes politiques du financement proposé de la 13e rente AVS, ils déchirent symboliquement le contrat intergénérationnel. Ce geste illustre ce que la politique s’apprête à décider : des prestations financées aux dépens de la jeune génération. Les Jeunes Libéraux-Radicaux et les JVL dénoncent ainsi une « alliance des anciens » entre la gauche, les Verts et le Centre, tandis que la population active devra en supporter le poids. Une telle approche n’est ni équitable entre les générations, ni durable.

Une politique sociale de gauche-centre antisociale Les partis de gauche et les syndicats ont laissé en suspens, durant la campagne sur la 13e rente AVS, la question de son financement. Il a même souvent été affirmé – à tort ! – qu’un financement supplémentaire n’était pas nécessaire. Aujourd’hui, la proposition est sur la table : des dépenses supplémentaires pouvant atteindre cinq milliards de francs par an doivent être couvertes principalement par des cotisations salariales plus élevées et une hausse de la TVA. Ce financement frappe ainsi la population à double titre : le travail devient plus coûteux et la consommation est davantage taxée. Le fait que les sociaux-démocrates, qui se présentent habituellement – à tort mais bruyamment – comme défenseurs du pouvoir d’achat, soutiennent une telle solution, révèle leur manque de cohérence. Il est également particulièrement décevant que le Centre soutienne cette orientation et permette ainsi à cette alliance des anciens d’obtenir une majorité.

Jonas Lüthy, président des Jeunes Libéraux-Radicaux, déclare : « Le financement de la 13e rente AVS, porté par le centre-gauche et désormais adopté par le Conseil des États, démantèle le contrat intergénérationnel. C’est un aveu d’échec que la politique ne trouve rien de mieux que de faire peser unilatéralement le financement de l’AVS sur les salaires et de renchérir le coût de la vie. Le Parlement doit enfin s’attaquer aux problèmes structurels de notre principal système social. »

Les faux compromis ne remplacent pas les réformes structurelles Un financement supplémentaire durable sans réformes structurelles contraignantes est irresponsable. Augmenter les prélèvements tout en reportant les réformes met en péril la stabilité et l’acceptation à long terme de l’AVS. Le recours répété à des cotisations salariales plus élevées révèle surtout une chose : l’absence de volonté politique de s’attaquer aux problèmes structurels de l’AVS, alors même que ses bases démographiques évoluent depuis des années.

Un fait est incontesté : la 13e rente AVS a été acceptée par le peuple et doit être mise en œuvre. Il est toutefois tout aussi clair que l’approbation varie fortement selon les groupes d’âge : alors que les générations plus âgées ont largement soutenu le projet, une grande partie de la population plus jeune l’a rejeté. Le financement présenté aujourd’hui accentue encore cette fracture.

Loa Wild, présidente des Jeunes Vert’libéraux Suisse, déclare : « Une réforme globale de l’AVS est nécessaire, incluant toutes les générations et garantissant son financement à long terme. Cela implique aussi une discussion fondée sur des faits concernant l’augmentation de l’âge de la retraite. C’est la seule manière de rétablir l’équilibre entre les générations et d’assurer la pérennité de l’AVS. »